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Assemblage à tenon et mortaise : cotes, usinage et limites

Assemblage à tenon et mortaise : cotes, usinage et limites
Un assemblage à tenon et mortaise tient par l’ajustement des deux pièces, les épaulements et, si besoin, une cheville. Pour un montant de 60 mm, partez sur un tenon de 20 mm d’épaisseur, usinez d’abord la mortaise et ne forcez jamais l’emboîtement.

L’assemblage à tenon et mortaise relie solidement deux pièces de bois à angle droit quand les cotes sont proportionnées à leur section et que le joint reste parfaitement ajusté.

Assemblage à tenon et mortaise : cotes, usinage et limites

Qu’est-ce qu’un assemblage à tenon et mortaise ?

Le tenon est la partie amincie taillée au bout d’une traverse. La mortaise est le logement creusé dans le montant. Le tenon entre dans la mortaise, tandis que les épaulements, les parties restées pleines autour du tenon, viennent en appui contre le montant.

Ce n’est pas un simple emboîtement. Les épaulements empêchent la traverse de bouger latéralement et masquent un éventuel petit jour. C’est pour cela que cet assemblage reste courant pour les bâtis de porte, les cadres, les établis et certains ouvrages de charpente.

Comment calculer les cotes sans affaiblir le bois ?

La règle de départ est simple : donnez au tenon environ un tiers de l’épaisseur de la pièce. Il reste alors deux joues, les parties de bois de chaque côté, assez épaisses pour ne pas casser.

Exemple de traverseTenon conseilléMortaise correspondante
60 × 60 mm20 mm d’épaisseur, 40 mm de largeur, 40 mm de long20 × 40 mm, profondeur 42 mm environ
45 × 70 mm15 mm d’épaisseur, largeur adaptée aux épaulements15 mm de large, légèrement plus profonde que le tenon

Schéma technique : vue et coupe du joint

Vue et coupe cotées d’un assemblage à tenon et mortaise Exemple correspondant au tableau pour une traverse et un montant de 60 par 60 millimètres : tenon de 20 millimètres d’épaisseur, 40 millimètres de largeur et 40 millimètres de longueur ; mortaise de 20 par 40 millimètres, profonde d’environ 42 millimètres. Vue de face Traverse 60 × 60 mm Montant 60 × 60 mm 40 mm : longueur du tenon 40 mm : largeur 10 mm épaulement Mortaise : 20 × 40 mm Coupe Traverse Montant 40 mm : tenon 42 mm env. : profondeur de mortaise 20 mm épaisseur Tenon centré : joues de 20 mm Cotes de l’exemple 60 × 60 mm du tableau. Le tenon de 40 mm ne touche pas le fond de la mortaise d’environ 42 mm.
Exemple coté cohérent avec la première ligne du tableau : épaulements de 10 mm en largeur, joues de 20 mm en épaisseur, tenon de 40 mm de longueur et mortaise d’environ 42 mm de profondeur.

La mortaise gagne 1 à 2 mm de profondeur pour laisser la colle et l’air s’échapper au fond. Gardez au moins 10 mm de bois autour d’une mortaise borgne sur une petite section. Sur du bois fendu, noueux ou très nerveux, augmentez les marges ou changez de pièce.

À retenir : un tenon un peu plus court avec de bons épaulements est préférable à un tenon trop long qui fragilise le montant. La résistance vient d’abord du bois conservé autour de la mortaise.

Dans quel ordre usiner la mortaise et le tenon ?

  1. Débitez les pièces d’équerre et tracez toutes les faces de référence.
  2. Réglez le trusquin, outil de traçage à pointe, sur l’épaisseur du tenon.
  3. Creusez la mortaise en premier, au bédane, à la mortaiseuse ou avec une perceuse à colonne puis un ciseau.
  4. Sciez les joues du tenon, puis les épaulements.
  5. Essayez à blanc et ajustez seulement les joues, par petites passes.

Avec une défonceuse, les extrémités de la mortaise sont arrondies. Soit vous les équarrissez au ciseau, soit vous arrondissez le bout du tenon. Ne mélangez pas les deux formes. Pour les coupes de tenon à la scie circulaire, une table de scie circulaire stable et bien réglée limite les coupes de travers.

Cheville, charpente et assemblage rond : quelle résistance attendre ?

Un assemblage chevillé bloque mécaniquement le tenon. La cheville se pose après ajustage, avec un bois sain et un perçage assez éloigné du bord pour éviter l’éclatement. C’est utile sur un cadre extérieur, mais cela ne rattrape pas une mortaise trop large.

En charpente, les sections, les charges et les efforts de traction demandent un dimensionnement précis. Pour une poutre porteuse, un auvent ou une réparation de structure, faites valider le projet par un charpentier. Un assemblage domestique ne devient pas structurel parce qu’il est collé.

Le tenon rond convient à des barreaux ou à des meubles légers. Il résiste moins bien à la rotation qu’un tenon rectangulaire avec épaulements. Pour une claustra, prévoyez aussi le vent et l’humidité, surtout près de plantes brise-vue en jardinière qui gardent parfois le bois humide.

Questions fréquentes

Quel outil pour réaliser une mortaise ?

Le bédane à mortaiser donne le meilleur contrôle à la main. Une mortaiseuse accélère les séries. La défonceuse est propre et rapide, à condition de gérer ses angles arrondis. Un ciseau fin seul devient vite imprécis dans du bois dur.

Comment savoir si le tenon est bien ajusté ?

Il doit entrer à la main ferme, sans coup de marteau. S’il bloque à mi-course, repérez les zones brillantes sur les joues et retirez très peu de matière. Un jeu visible affaiblit le collage et donne un cadre qui travaille.

Comment dit-on tenon et mortaise en anglais ?

L’expression est mortise and tenon joint. Elle désigne le même principe, avec de nombreuses variantes : tenon traversant, assemblage chevillé ou double tenon.

Choisir le bon montage avant de couper

Réservez cet assemblage aux cadres, piètements et traverses qui doivent rester rigides. Pour une fixation cachée dans un meuble léger, un tourillon ou une lamelle peut suffire. Si vous partez d’un bois de récupération, vérifiez les fentes, l’humidité et le fil avant de tracer. Un chêne issu d’un grand arbre de jardin peut être excellent une fois sec, mais il demande des outils affûtés et un ajustage patient.

Damien Roux, paysagiste-élagueur
L'auteur

Damien Roux

Ce carnet rassemble ce que le terrain m'a appris sur le jardin, le bois de chauffage et l'entretien d'une maison.

Paysagiste-élagueur pendant quinze ans dans l'arrière-pays d'Aix. Aujourd'hui je teste, je rate parfois, et j'écris ce qui a marché. Quand un chantier demande un professionnel, je le dis plutôt que de vous laisser l'apprendre à vos frais.